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Épisode 44 : Des banques déguisées – Lorsque chaque application devient une banque

Que se passe-t-il lorsque votre application préférée de covoiturage, de magasinage ou de comptabilité commence à offrir des cartes de débit, des marges de crédit ou une fonction de paiement instantané? Bienvenue à l’ère des services bancaires déguisés, où les services financiers ne sont plus offerts par les « banques », mais par les applications que les Canadiens utilisent déjà tous les jours. La popularité accrue du financement intégré redéfinit les règles relatives à la relation client dans le secteur bancaire. Les commerces, les plateformes technologiques et les fournisseurs de services intègrent des solutions de paiement, de crédit et d’épargne de façon transparente dans leurs expériences. Les frontières entre le commerce et le secteur bancaire deviennent floues.

Cette table ronde réunit des innovateurs des technologies financières, des banques commanditaires et des plateformes de paiement pour comprendre comment cette tendance refaçonne l’écosystème financier du Canada. Nous explorerons l’infrastructure qui sous-tend le financement intégré, les répercussions réglementaires des « banques invisibles » et les nouveaux aspects économiques des partenariats qui permettent aux établissements non bancaires de devenir des fournisseurs de services financiers. À mesure que les frontières bancaires s’estompent, une question se pose : à qui appartient l’avenir de l’argent : la banque, la marque ou l’application?

Invitées :

  • Shirley Hsu, DG, Paiements, FreshBooks

  • Timothy Morris, Chef des services bancaires, Neo Financial

  • Rojin Nair, Chef de la stratégie et de la croissance, VoPay International Inc.

  • Daljit Singh, Chef des paiements et partenariats interentreprises, Banque EQ

Modératrice :

  • Dina Vardouniotis, PDG, Payments and Partnerships

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À PROPOS DE THE PAYPOD

The PayPod est le balado multiépisodes de Paiements Canada qui explore les tendances et les sujets qui influencent les paiements au Canada et partout dans le monde. Écoutez Elizabeth Dempsey, gestionnaire, Stratégie et engagement en matière d’événements à Paiements Canada et animatrice de The PayPod, interviewer des experts de premier plan et des leaders d’opinion respectés au sujet de l’évolution du paysage des paiements, des besoins des Canadiens et de l'avenir des paiements modernes (seulement disponible en anglais).

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Transcription du podcast

Elizabeth (Liz) Dempsey: 
Rebienvenue à la série d’été du SOMMET, une présentation spéciale de The PayPod, le balado de Paiements Canada qui explore les tendances et les sujets qui influencent les paiements au Canada et dans le monde.

Je suis votre animatrice, Liz Dempsey.

Aujourd’hui, nous vous présentons une table ronde organisée dans le cadre du SOMMET sur les paiements intégrés. Cette séance, intitulée « Des banques déguisées – Lorsque chaque application devient une banque », explore les changements qui se produisent dans l’écosystème des paiements. Les commerces, les plateformes technologiques et les fournisseurs de services intègrent de plus en plus des services financiers directement dans leurs applications et plateformes.

Dans cet épisode, nous nous joignons à la modératrice Dina Vardouniotis, PDG de Payments and Partnerships. Elle anime une table ronde réunissant Shirley Sue de FreshBooks, Tim Morris de Neo Financial, Rojin Nair de VoPay International et Daljit Singh de la Banque EQ.

La conversation explore comment les changements réglementaires et le nouvel accès aux systèmes de paiement créent des possibilités d’innovation. Les experts se penchent aussi sur la question suivante : à mesure que les frontières bancaires s’estompent, à qui appartient l’avenir de l’argent : la banque, la marque ou l’application?

Profitez de la conversation.

Voici Dina Vardouniotis.

Dina Vardouniotis: 
Bienvenue à tout le monde. Le titre de la séance est « Des banques déguisées ». Ce qui semble très inquiétant. Ce n’est pas l’intention, surtout en présence de beaucoup de gens pour qui la réglementation est une priorité. Je vous souhaite donc la bienvenue. Je vais d’abord demander aux experts de se présenter. Je vais commencer. Je m’appelle Dina Vardouniotis. Je dirige une entreprise appelée Payments and Partnerships. Quelques personnes de l’entreprise sont présentes et nous sommes ravis d’être ici aujourd’hui.

Shirley Hsu:
Je m’appelle Shirley. Je suis la DG des paiements chez FreshBooks. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas FreshBooks, nous proposons un logiciel de gestion aux petites entreprises pour les aider à exploiter leur entreprise et à se concentrer sur les aspects financiers de leur entreprise. Donc, la tenue de livres, le traitement des paiements. Nous venons tout juste d’intégrer les prêts. Je vais parler un peu plus tard.

Tim Morris:
Tim Morris, je suis chef des services bancaires de Neo Financial. Neo est une entreprise de technologie financière basée à Calgary. Nous offrons des dépôts, des cartes de crédit, des prêts hypothécaires. Nous avons des relations de placement et de recommandation. Nous servons plus d’un million de Canadiens. L’entreprise compte environ 650 employés. Nous voulons vraiment aider le Canadien moyen à croître. Alors, j’espère pouvoir en parler un peu aujourd’hui. Parfait.

Rojin Nair:
Je m’appelle Rojin Nair. Je suis chef de la stratégie et de la croissance chez VoPay International. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas VoPay, nous proposons un intergiciel et une infrastructure-service pour le financement intégré. Nous avons commencé au Canada et nous avons étendu nos activités aux États-Unis. Nous procédons actuellement à une expansion vers l’Amérique latine et l’Union européenne et nous venons d’annoncer la création de notre siège social mondial à Doha, au Qatar, dans le cadre de notre expansion au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique.

Daljit Singh:
Merci. Enfin, je m’appelle Daljit. Je dirige les paiements et les partenariats à la Banque EQ. Nous parlerons davantage de la Banque EQ. Les personnes qui suivent l’actualité savent qu’il y a eu quelques évolutions sur le marché. Nous en parlerons davantage durant la table ronde. Je suis un passionné des paiements comme la plupart d’entre vous. J’ai travaillé dans quelques marchés mondiaux. Il est donc certain que j’apporte une perspective plus large de l’évolution et de l’innovation qui ont mené à la perturbation des paiements dans les marchés. La plupart de ces perturbations se produiront aussi au Canada. J’ai travaillé dans de grandes entreprises. J’ai de l’expérience dans les réseaux. J’ai travaillé du côté de Visa pendant quelques années et, évidemment, à la HSBC et dans certaines grandes maisons émettrices, comme GE.

Pour ce qui est de ma carrière à la Banque EQ, j’ai un double rôle dans le cadre de cette transformation. Nous sommes une banque qui s’adresse directement aux consommateurs et nous fournissons également des services financiers intégrés ou une solution banque-service et une plateforme paiement-service aux entreprises de technologie financière. C’est là que le thème de « banques déguisées » entre en jeu. J’ai donc hâte d’avoir cette conversation intéressante avec les experts.

Dina Vardouniotis:
Fantastique. Donc, le grand thème abordé aujourd’hui jusqu’à présent, ce sont ces deux forces qui convergent. Tout d’abord, la réglementation évolue très rapidement. Certains diront que ce n’est pas assez rapide. Il y a aussi l’infrastructure qui connaît un changement massif dans le domaine des paiements. Beaucoup de personnes dans la salle travaillent sur ces deux aspects en même temps. Il faut donc mettre les choses en contexte.

Je voulais commencer par vous, Daljit, parce qu’il y a dès le départ une dualité dans la stratégie de la Banque EQ. Il y avait une vision concernant la stratégie « directe aux consommateurs » de la Banque EQ, mais aussi concernant la stratégie « directe aux entreprises ». Mais il y avait aussi une vision selon laquelle la Banque EQ jouait un rôle de catalyseur au sein de l’écosystème, ce qui était très unique, n’est-ce pas? Il n’y avait pas de concurrence, mais plutôt une volonté de contribuer activement à l’établissement d’un écosystème. Voulez-vous en parler un peu?

Daljit Singh:
Oui, une transition parfaite vers la discussion d’aujourd’hui. Comme je l’ai mentionné, EQ ou Équitable, nous étions connus sous le nom de Banque Équitable, notre entité mère est sur le marché depuis plus de 40 ans. Nous avons d’abord été une institution de prêts dans le domaine des prêts hypothécaires et commerciaux. Cette institution qui fonctionne comme une banque novatrice a été créée au départ par la vision de Andrew Moore pendant quelques années : celle de faire évoluer le secteur bancaire et, bien évidemment, d’améliorer la vie de chaque Canadien en proposant les meilleurs services bancaires possibles. Nous voulions profiter des meilleurs accès, des meilleurs produits et des meilleurs investissements technologiques pour poursuivre sur cette voie.

Nous avons mis sur pied notre stratégie « directe aux consommateurs » il y a environ 10 ans. Pendant que nous mettions en place l’infrastructure pour la stratégie « directe aux entreprises », nous nous sommes rendu compte qu’il y avait certainement une possibilité d’étendre l’infrastructure que nous avons créée à un public plus large. Il s’agissait d’un prolongement naturel de notre capacité établie pour répondre aux besoins croissants du côté de la technologie financière.

C’est précisément ce qui a mené à l’évolution de notre plateforme-service. Nous disposons donc de la même infrastructure que nous avons créée, que l’infrastructure soit axée sur les permis réglementaires qui gèrent les transferts de fonds de A à B ou sur la conformité réglementaire. Nous jouons le rôle de banque commanditaire, particulièrement pour les entreprises de technologie financière. Il y a donc quelques programmes intéressants qui sont déjà en cours.

À mesure que nous nous sommes renforcés et que cet écosystème et cette infrastructure ont été créés, le rôle de la banque commanditaire a également évolué au fil du temps. L’un des principaux enjeux consiste à renforcer le cadre de surveillance et la conformité réglementaire. Au cours des 18 à 24 derniers mois, nous avons vu des changements intéressants dans ce domaine.

Donc, le rôle d’une banque commanditaire est évidemment de regrouper tous ces changements et d’essayer d’en tirer le meilleur. Tout revient à la vision que nous avons élaborée. Tout ce que nous faisons devrait avoir une incidence significative sur tous les Canadiens, et, bien évidemment, sur les entreprises de la technologie financière, qu’elles exercent leurs activités ici ou ailleurs.

Dina Vardouniotis:
Oui. En ce qui vous concerne, Rojin, vous êtes une formidable entreprise de technologie financière locale qui fait parler d’elle sur la scène internationale. Nous adorons toujours cette histoire. Le rôle de commanditaire de la Banque EQ a été important pour VoPay. Mais vous travaillez également dans d’autres régions géographiques, dans d’autres administrations, avec différents modèles, différentes approches pour les marchés et différents cadres réglementaires. Pouvez-vous nous parler de la façon dont ces éléments ont une influence sur votre approche pour bâtir votre entreprise?

Rojin Nair:
Oui, c’est certainement une leçon apprise. Nous avons donc commencé comme tout le monde en tant qu’entreprise de paiement et nous nous sommes vite rendu compte de la valeur des paiements en tant que tels. C’est un produit. Par exemple, si vous offrez un paiement à 10 cents, quelqu’un d’autre va l’offrir à 9 cents, une course vers le prix le plus bas va s’amorcer. Nous avons donc commencé à réaliser que la valeur réside dans ce qui accompagne ce paiement. La comptabilisation, le routage intelligent, la trésorerie et la gestion de la trésorerie apportent ainsi une valeur ajoutée. Prenons l’exemple d’une compagnie de logiciels qui a avait un service d’assurance. Elle est présente dans 34 pays et son plus gros problème est que, dans chaque territoire où elle exerce ses activités, elle doit respecter différentes exigences de rapports de conformité, ce qui engendre de nombreux frais généraux.

Nous avons donc commencé à passer à une infrastructure-service pour le financement intégré. Voyons ce concept comme une boîte à outils avec plusieurs boîtes de Lego. On a donc au centre la comptabilisation, la trésorerie et la gestion de la trésorerie, et on a en quelque sorte entouré le tout avec la conformité, l’intégration et tout le reste. Nous avons mis par-dessus le lien avec les banques, les canaux de paiement et les systèmes de PRE. On peut maintenant aller sur le marché et dire à ces entreprises qu’elles n’ont pas à s’occuper de ce dernier élément de complexité. Notre travail en tant que fournisseur d’intergiciel consiste à absorber cette complexité.

Nous nous plaçons donc au milieu et nous relions ces grandes plateformes logicielles issues de différents territoires, grâce à des solutions qui aident à gérer les risques, la conformité et la connectivité. Il s’agit donc d’une installation par couche.

C’est essentiellement ce qui nous permet de prendre de l’expansion à l’échelle mondiale sans ouvrir des bureaux dans chacun de ses pays. Nous avons intégré un logiciel au Canada il y a trois semaines. Cette entreprise exerce maintenant ses activités dans huit pays en Amérique latine. Il suffit donc de changer le module de conformité, les modules de réglementation, les modules de rapports pour convenir aux exigences de ces territoires et de les connecter aux canaux locaux. Donc, cette intégration permet à cette entreprise d’accéder à n’importe quel pays. Ainsi, plus on sera en mesure de jouer le rôle d’une pièce de Lego centrale à laquelle on peut ajouter des pièces selon les besoins, plus la capacité de survie à l’échelle mondiale sera grande. Dans cette optique, les banques qui fournissent l’infrastructure nécessaire seront d’excellents partenaires.

Dina Vardouniotis:
Excellent. Tim, je vais toujours vous appeler le banquier qui est passé de l’autre côté. Vous apportez donc beaucoup de crédibilité et de perspective. Vous vous êtes joint à l’une des entreprises de technologie financière les plus prospères au Canada. Vous avez commencé avec les paiements et vous êtes sur la voie de la croissance grâce au financement intégré et à un réseau de relations. Voulez-vous nous parler un peu de l’infrastructure et des cadres réglementaires qui permettent, favorisent ou entravent la croissance d’un acteur émergent comme NEO?

Tim Morris:
Oui. Je suppose que je n’en ai pas parlé au début. Je travaille chez Neo depuis environ trois ans, mais j’ai passé environ cinq ans avec une banque numérique. Avant, j’ai travaillé près de 20 ans avec une grande institution financière traditionnelle. Pour répondre à votre question, oui, je pense que le financement intégré ou le modèle intermédiaire a été très important pour le Canada, car ils permettent d’offrir aux établissements financiers qui ne sont pas des banques traditionnelles un moyen sûr et simple de prendre une part du marché. C’est probablement la meilleure façon de l’expliquer.

Cependant, il y a des défis à relever dans la mesure où cette approche met l’accent sur le bilan : si vous êtes une entité avec un bilan ou si vous êtes une banque, vous êtes en sécurité. Si vous n’êtes pas une banque, vous n’êtes pas en sécurité. Cette approche a d’ailleurs eu des conséquences imprévues. Nous avons observé l’apparition d’obstacles en matière de confiance dans l’écosystème pour les nouveaux venus ou ceux qui innovent, comme les entreprises de technologie financière. Toutefois, nous avons vu des changements très positifs du point de vue des politiques. Neo vient d’annoncer aujourd’hui, encore une fois en toute transparence, que nous sommes devenus membres de Paiements Canada. Un jalon important, merci. Nous sommes très fiers. C’est un pas de géant pour une institution financière non traditionnelle. Nous disposons ainsi d’une plateforme qui nous permet d’accéder pleinement à cet écosystème pour innover et favoriser le changement dans ce domaine.

L’essentiel, c’est qu’il ne s’agit que d’une première étape. Notre véritable objectif est de déterminer la façon d’intégrer une partie du processus de réflexion qui a mené à certains des changements de politique en matière de concurrence, ainsi que la vision novatrice affichée par des organisations comme Paiements Canada, puis de faire en sorte que cet élan se répercute sur l’écosystème. En effet, les politiques commencent ici, mais il y a toute une série de conditions à remplir pour atteindre ce niveau de confiance, comme je le disais au début. Vous pouvez donc dire : « Voilà! Je suis maintenant membre de Paiements Canada. » Par contre, vous allez devoir passer les étapes 2, 3, 4 et 5 avant d’en arriver au point où vous serez considérés de la même façon que certaines institutions financières plus traditionnelles.

Je vais vous donner un bref exemple concernant les dépôts dans le cadre de la Loi sur les activités associées aux paiements de détail (LAPD). Cette loi a été une autre bonne mesure pour le Canada sur le plan de la concurrence et du point de vue de la sécurité des clients. Neo est un FSP enregistré, un fournisseur de services de paiement. Nous sommes donc soumis à la surveillance de la Banque du Canada. Nous respectons toutes les exigences. Nous avons donc la possibilité de placer des fonds auprès d’une institution membre de la SADC où les fonds sont protégés. Pensez donc aux grandes banques, aux petites banques. L’argent est pris en charge et garanti. On répond à toutes les attentes des clients du point de vue de la confiance. Même si les dépôts sont protégés par la SADC et qu’ils sont faits auprès d’institutions membres de la SADC, nous ne pouvons toujours pas afficher le logo sur notre site Web. C’est l’un de ces obstacles que nous devons éliminer pour vraiment faire avancer les choses. Nous faisons donc de grands progrès. C’est un énorme amplificateur pour les entreprises de technologie financière. Il faut maintenant déterminer comment passer à l’étape suivante. Si on considère l’écosystème des paiements comme une question d’état, comme nous l’avons entendu ce matin, c’est impératif. C’est vraiment essentiel. Oui.

Dina Vardouniotis:
C’est la première fois que j’entends quelqu’un parler d’une approche qui met l’accent sur le bilan, et c’est une façon incroyable de voir notre écosystème. La façon dont vous en parlez est fascinante. Shirley, vous avez dirigé la stratégie de paiement de FreshBook et vous avez fait certains choix quant à l’établissement de partenariats pour offrir des solutions intégrées de paiement et de prêt, ainsi que d’autres services. Pouvez-vous nous parler des compromis réglementaires que vous avez dû faire pour déterminer les bonnes structures de partenariat et la bonne approche? Qu’avez-vous appris?

Shirley Hsu:
Je veux revenir un instant en arrière et parler de la raison pour laquelle le financement intégré ou la banque déguisée ont du sens. En fait, FreshBooks dessert un marché américain important, mais l’entreprise est de Toronto. Le marché américain est très avancé en matière de financement intégré et nous sommes en train de nous rattraper. En ce qui concerne certains des aspects réglementaires que nous avons abordés, je dirais que 80 pour cent des entreprises de technologie qui offrent des services par abonnement aux États-Unis se sont engagées sur la voie du financement intégré. C’est tout simplement logique.

Prenons FreshBooks comme exemple : nos clients utilisent nos applications tous les jours. Ils envoient des factures à leurs clients. Ils font le suivi de leurs dépenses. Il est tout à fait logique que l’aspect financier de leur entreprise en tire également profit. C’était donc la première étape de notre cheminement, soit de reconnaître que c’était logique.

Ensuite, l’étape suivante était de déterminer le « comment ». De quelles infrastructures disposons-nous pour y parvenir? Nous avons dû peser le pour et le contre des trois éléments clés de l’infrastructure, ainsi que les marges et le rendement du capital investi. La première méthode est la plus simple, et il y a une raison pour laquelle nous sommes ici : parce que la Banque EQ est la banque commanditaire, VoPay et Neo sont les composants intermédiaires ou l’interface utilisateur, et moi, je suis l’interface utilisateur de premier niveau. Donc, la première façon, c’est que je peux simplement envoyer mon volume de paiements à la banque commanditaire. C’est un modèle de passerelle et la Banque EQ me paie une part de revenus. Je peux probablement obtenir de 30 à 40 points de base pour une transaction par carte selon ce modèle.

Le deuxième modèle, soit celui que nous avons fini par choisir, est le modèle de facilitation de paiement allégé. C’est là que nous travaillons en partenariat avec quelqu’un comme VoPay. Il s’agit donc d’une couche intermédiaire chargée de gérer l’ensemble de l’infrastructure et qui bénéficie du soutien d’une banque. Nous avons fini par nous associer à Stripe. Nous assumons le risque, nous nous occupons l’expérience client, mais nous ne nous occupons pas de la conformité, de la technologie, de la construction et de ce genre de choses. C’est beaucoup trop. Ça me donne mal à la tête. Rojin, merci de vous en occuper. Donc, dans ce modèle, je peux probablement obtenir une marge de 60, 80 ou 90 points de base. Une marge importante qui en vaut la peine.

Il y a ensuite un troisième modèle où nous pouvons devenir une entreprise de services monétaires. Un peu comme le fait maintenant Neo. On peut devenir une entreprise de services monétaires, mais le compromis est tellement important. Je peux probablement obtenir entre 90 à 120 points de base en devenant une entreprise de services monétaires, mais imaginez l’équipe qu’il me faudrait pour gérer l’aspect de la conformité et du risque. Il faudrait probablement compter entre 25 et 30 personnes rien que pour cette équipe. L’augmentation de la marge liée à notre volume et l’équipe nécessaire ne justifiaient tout simplement pas cette décision pour nous. Donc, on a fini par choisir le deuxième modèle.

Ce que nous avons fait, c’est que nous nous sommes d’abord occupés des paiements. C’est logique. La facturation constitue le point central des activités, ce qui génère les revenus. Mais nous avons réalisé que nous aimions cette marge de 120 points de base. Comment pouvons-nous prendre de l’expansion et obtenir cette marge sans nous occuper de toute l’infrastructure et de la conformité? Nous nous sommes alors lancés dans les prêts intégrés, le financement intégré, comme l’option Acheter maintenant, payer plus tard, les paiements instantanés et l’assurance intégrée. Nous avons commencé à élargir nos activités à ces domaines, comme d’autres services financiers intégrés qui génèrent des marges extrêmement élevées et qui s’ajoutent maintenant à l’obligation de prestation restant à remplir que nous constations chez les clients. C’est donc le modèle que nous avons fini par choisir.

Dina Vardouniotis:
Il s’agit d’un excellent exemple d’entreprises de logiciel en tant que service qui monétisent réellement les financements intégrés en tant que moteur clé des résultats. Oui, fantastique.

Daljit, vous avez terminé vos commentaires en parlant des exigences de surveillance prévues par la LAPD, ainsi que d’autres exigences, et de votre rôle en tant que banque commanditaire. Une question intéressante au sujet de la clarté de la propriété du client et de votre rôle en tant que banque commanditaire et de la façon dont vous voyez votre rôle en tant que banque qui s’adresse directement aux consommateurs ainsi que les FSP que vous appuyez. Comment avez-vous pu encadrer ces éléments? Qu’en pensez-vous?

Daljit Singh:
C’est une excellente question, Dina. En prenant un peu de recul, on peut voir que ce parcours illustre bien l’exemple de FreshBooks ou de Neo, parce que Neo gère un très grand nombre de programmes différents. Il arrive qu’il soit très difficile de comprendre comment se passe l’expérience client et de déterminer à qui exactement appartient le client. Dans cet exemple, que le client appartienne à FreshBook, qu’il appartienne à la deuxième option, celle que vous avez choisie où il y a une couche intermédiaire en aval comme VoPay, ou que le client appartient à la banque commanditaire qui gère l’ensemble de l’infrastructure, d’après notre expérience et compte tenu de l’évolution du cadre réglementaire, il s’agit d’un modèle de responsabilité très partagée. Ce que je veux dire, c’est que l’entreprise de technologie financière ou le gestionnaire de programme qui amène le client est celui qui gère l’expérience complète pour ce client particulier, qu’il s’agisse de l’acquisition, de l’intégration ou des vérifications obligatoires relatives à la connaissance du client, et veille à ce que les opérations quotidiennes se déroulent conformément à ce qui a été prévu.

Lorsqu’il s’agit de gérer le mouvement d’argent, pour que le transfert s’effectue avec un minimum de frictions, le système de paiement entre en jeu, que ce soit directement, en établissant le lien avec la banque commanditaire, ou en passant par une entreprise de traitement de paiement comme VoPay. C’est là que notre rôle devient un peu plus complexe et technique. En tant que banque commanditaire, surtout au cours des 12 derniers mois, il a fallu tenir compte des changements survenus, comme les exigences du CANAFE concernant les entreprises de services monétaires ou les exigences de la LAPD visant à protéger les fonds et renforcer la surveillance. La banque commanditaire est celle qui engage sa responsabilité. Donc, du point de vue de la réglementation, le client à l’origine de toute transaction qui fait partie de cette conception ou de ce flux de travail appartient à la banque commanditaire.

Par exemple, si demain on découvre un incident semblable aux événements qui se sont produits récemment dans l’écosystème canadien, on s’adressera toujours à la banque commanditaire en premier pour lui demander ce qu’il s’est passé. On lui demandera si elle était au courant, sa méthode d’approbation, les mesures prises pour combler les lacunes, ainsi de suite. C’est pourquoi je dis qu’il ne peut pas y avoir de cloisonnement. Il faut qu’il s’agisse d’une responsabilité partagée. En fin de compte, selon l’option choisie, l’option A, B ou C, devenir une entreprise de services monétaires comme l’a mentionné Shirley, la banque commanditaire confie ces responsabilités à l’entreprise de technologie financière pour qu’elle gère cet aspect particulier, mais elle doit tout de même exercer une surveillance. Cette surveillance ne porte pas uniquement sur la lutte contre le blanchiment d’argent, le contrôle des transactions et la prévention de la fraude, mais aussi sur les rapprochements quotidiens et les activités opérationnelles normales. Bien entendu, l’ensemble de ces éléments entraîne de nombreux risques de réputation et liés aux tiers.

C’est la raison pour laquelle, d’un point de vue historique, on assiste soudainement à une vague d’entreprises de technologie financière qui voit le jour. Il y a aussi beaucoup de cas d’utilisation intéressants parce que, par le passé, l’aspect bancaire était très difficile. Oui, les exigences en matière de capital étaient assez difficiles. Les exigences de conformité aux règles n’étaient pas exactement formulées pour l’environnement des technologies financières. Tout à coup, un cadre réglementaire a commencé à se former. Il y a beaucoup de changements intéressants qui se produisent. En ce qui concerne l’approbation réglementaire, si vous avez lu la récente annonce du ministère des Finances, à l’avenir, on envisage un projet pilote dans le cadre duquel, lorsque des néobanques ou des entreprises de technologie financière demanderont une licence bancaire, on traitera les demandes le plus rapidement possible.

D’ailleurs, la Banque EQ vient d’acquérir PC Financial et, ce matin, nous avons reçu l’approbation réglementaire finale. L’ensemble du processus d’approbation s’est déroulé en trois mois. C’est donc l’approbation la plus rapide que nous ayons vue dans l’écosystème bancaire canadien. J’ai assisté à une conférence de notre PDG cet après-midi tenue auprès de professionnels du secteur bancaire. Il a cité cet exemple pour expliquer les changements observés chez les organismes de réglementation, du jamais vu depuis les 20 dernières années. Ces organismes ont commencé à changer parce qu’ils croient que le changement peut se produire dans cet écosystème. Ce changement peut seulement se produire si tous les éléments fondamentaux évoluent ensemble. Il n’est pas seulement question du secteur de la technologie financière. Ce secteur peut construire le meilleur des infrastructures et créer la meilleure des expériences. En général, les entreprises de technologie financière veulent toujours avoir le produit immédiatement. Par contre, dès qu’elles commencent à parler aux facilitateurs et à la banque commanditaire, elles se rendent compte qu’il y a diverses mesures à prendre pour s’assurer que tout se déroule comme il se doit. En fin de compte, tout le monde est responsable de la même transaction.

Dina Vardouniotis:
Oui, bien dit. Tim, je vais m’adresser à vous. Vous avez parlé de la question de la confiance, et des millions de Canadiens font évidemment confiance à NEO pour leurs services bancaires et pas seulement pour un produit, mais pour plusieurs. Vous êtes récemment venu à Ottawa, et vous avez passé du temps à promouvoir cette question. Pour revenir à ce qu’a dit Daljit, le climat réglementaire est plus réceptif, et je pense que c’est bénéfique pour beaucoup d’entre nous. Pouvez-vous nous faire part de vos observations en tant que banque novatrice qui souhaite égaliser les chances?

Tim Morris:
Oui, c’est intéressant. Dans notre industrie, nous avons l’obligation d’être clairs au sujet de la responsabilité, de la propriété, de la sécurité du client et de ses fonds. Cet aspect est très clair, même s’il y a parfois des modèles plus complexes. Je pense que l’introduction de certains des éléments dont tout le monde parle, comme le système de paiement en temps réel et le système bancaire ouvert, ouvre la voie à des clients autonomes ou indépendants. Lorsque nous parlons de l’appropriation du client, c’est un peu l’industrie qui se parle à elle-même. Du point de vue de la réglementation, c’est important de ne pas l’ignorer. Ultimement, ce sont les clients qui disent faire affaire avec telle ou telle banque. Ce qu’il faut retenir ici, c’est que le client va devenir son propre propriétaire à l’avenir. C’est une réalité qui va s’imposer rapidement. Ce n’est pas censé être une déclaration zen. C’est plutôt à propos des conditions qui permettent aux gens de prendre conscience qu’ils sont propriétaires de leurs données et de leurs informations, et qu’ils peuvent réellement s’en servir à leur avantage.

Ce n’est pas une question de rivalité. En fait, à mesure que ce concept sera adopté et mis en place, je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un qui va dire : « Oh, je ne veux pas que Dina ait accès à ses renseignements. », personne n’agira ainsi, peu importe sa place au sein de l’organisation. En tenant compte des changements qui s’opèrent d’un point de vue stratégique, des cadres réglementaires et de la prise de conscience croissante de ce phénomène, la question est donc de savoir si, en tant qu’organisation ou industrie, nous allons tirer parti de cette situation pour responsabiliser le client afin de faire ce qu’il a besoin de faire. Je pense que c’est un nouveau levier de valeur. On n’a pas besoin d’être une banque ou une entreprise de technologie financière pour s’en emparer, mais les choses vont changer. Je pense qu’ensemble, nous pouvons déterminer la rapidité de certains de ces changements. Il s’agit donc d'un point de vue différent sur la question.

Dina Vardouniotis:
C’est vraiment un excellent point de vue. Il s’agit d’uniformiser les règles du jeu en transférant le pouvoir au consommateur. En faisant fi de la propriété des clients ou des techniques de rétention de la clientèle, il est possible de placer le client au cœur de son parcours financier afin qu’il ait plus de choix et profite de la nature concurrentielle du secteur.

À ce propos, Shirley, les petites entreprises, qui me sont chères, ont toujours été mal servies dans le domaine des services financiers, du moins au Canada, je ne sais pas ce qu’il en est aux États-Unis. FreshBooks a joué un rôle très intéressant grâce à votre portée, à votre interface et à votre lien avec les petites entreprises. Que pensez-vous du rôle que vous jouez dans le domaine du financement intégré qui renforce la concurrence d’une petite entreprise et l’aide à survivre et à prospérer sur ce marché très difficile dans lequel nous évoluons tous?

Shirley Hsu:
Je suis tout à fait d’accord. Au bout du compte, le client est propriétaire de son expérience et de ses données. Quant à la complexité des modèles que j’ai décrits, il faut établir un partenariat très étroit avec chaque partenaire, comme VoPay et la banque commanditaire. Comme l’a dit Daljit, il faut avoir des relations étroites pour travailler ensemble et pour s’assurer que l’expérience client est protégée et que les données sont protégées. Même si Freshbooks possède techniquement les données pour certains produits, l’expérience client ne nous appartient pas. Par exemple, en ce qui concerne les prêts intégrés et dans le cadre de notre partenariat, Stripe est propriétaire de l’expérience de prêt. Nous sommes propriétaires de l’expérience de paiement. Donc, pour l’expérience de prêt, nous faisons une mise en marché conjointe, mais Stripe en est propriétaire. Cette notion est extrêmement déroutante pour les petites entreprises qui utilisent ce service. Est-ce que je dois parler à FreshBooks ou à Stripe? Est-ce que je dois parler à VoPay? À qui dois-je parler? Parfois, les clients appellent les deux. Parfois, nous donnons des réponses différentes. Alors, pour améliorer l’expérience, nous devons nous assurer que notre collaboration est toujours harmonieuse et que les contrats sont clairs.

Dina Vardouniotis:
C’est un excellent point. Rojin, vous jouez un rôle important.

Rojin Nair:
C’est intéressant. Je vais donc vous donner deux points de vue. Cela varie également selon le marché. Au Moyen-Orient, en Europe et en Amérique latine, c’est une perspective complètement différente, parce qu’ils sont beaucoup plus matures. En Amérique du Nord, essentiellement dans le domaine du financement intégré, je crois qu’aucun d’entre nous ne détient l’ensemble de la clientèle de manière isolée. Nous partageons les données, dont vous avez parlé, ainsi que les instructions et le contexte. Prenons la gestion immobilière. Les clients passent par une application de propriétés, l’application s’occupe de l’expérience, le système transfère l’argent, la banque prend le dépôt et une entreprise comme la nôtre s’occupe de l’orchestration. Donc, c’est une espèce d’écosystème complètement symbiotique et ce n’est pas un monopole. Bien.

Par exemple, en Asie et en Inde, la State Bank of India a mis sur pied la plateforme Yono. Yono veut dire « You only need one » (Le seul outil dont vous avez besoin). La plateforme fait tout. Dans ce cas, tout ce que je viens de dire est faux. D’accord. Certains des commentaires que nous avons faits sont intéressants. En jetant un coup d’œil à l’écosystème bancaire canadien, on voit qu’il y a beaucoup de consolidation. C’est un paradoxe fascinant. Si on regarde les canaux de distribution de l’infrastructure financière, les entreprises comme la nôtre font leurs propres prêts et leur propre dépôt. Nous nous lançons tous dans cette voie et ouvrons ces canaux. Prenons la LAPD : maintenant, nous pouvons tous interagir directement avec Paiements Canada et la Banque du Canada. Il y a désormais moins de cinq intermédiaires et je peux fournir le service directement aux entreprises de technologies financières sous-jacentes. Nous avons maintenant un système bien réglementé et bien géré. Les banques se rendent compte qu’elles évoluent moins rapidement, mais qu’elles peuvent jouer le rôle de piliers financiers. Les systèmes peuvent être les facilitateurs numériques et chaque entreprise de technologie financière peut devenir une nouvelle succursale numérique. Il est possible de devenir à la fois la succursale et le moteur de cette succursale.

Je pense donc qu’en fin de compte, cette approche axée sur le client permet de créer des liens et je pense que nous avons enfin franchi un pas important, vous savez, même si de nombreux aspects liés à la LAPD sont incertains. Félicitations à Paiements Canada. Bien. Vous voulez avoir un compte à la Banque du Canada et traiter directement avec nous? Bienvenue. Voici un tapis rouge. Donc, cette approche facilite vraiment le processus. Le client ne se soucie pas vraiment des systèmes de paiement ou s’il s’agit de VoPay ou de la Banque EQ. Tout ce qui compte pour lui, c’est de payer son loyer. Donc, cela arrive à un bon moment.

Dina Vardouniotis:
C’est ce qui se passe, n’est-ce pas? La LAPD a presque été la première étape pour s’assurer que les entreprises de technologie financière avaient un cadre de conformité en matière de risques opérationnels bien établi. Il faut aussi comprendre qui est qui dans notre écosystème et cartographier tous les différents intervenants. Il est certain que ce cadre a favorisé des relations directes avec Interac et Paiements Canada. Daljit, lorsque vous réfléchissez au rôle de la Banque EQ, comment envisagez-vous de continuer à être ce catalyseur de l’écosystème? Pourrez-vous ainsi favoriser et stimuler l’inclusion et la concurrence?

Daljit Singh:
Je suis tout à fait d’accord. Pour revenir à ce que je disais, qui est la Banque EQ? C’est la première banque novatrice et l’une des plus importantes dans ce marché. Permettez-moi de revenir sur la vision de Andrew. Il a créé la Banque EQ pour pouvoir faire une différence dans la vie de tous les Canadiens. Nous voulions avoir le meilleur des services bancaires. Nous voulions aussi évidemment remettre en question le modèle bancaire traditionnel. Le modèle bancaire traditionnel était très étroitement contrôlé. Il n’y avait pas de flexibilité. Aucune possibilité d’intégration d’API. C’était un environnement fermé. Il y a quelques années, lorsque nous sommes entrés sur ce marché, nous avons été les premiers à offrir des services bancaires sans frais. Nous avons été les premiers à offrir l’un des taux d’intérêt les plus élevés. Ce sont d’excellents concepts que quelques banques intéressantes ont continué d’adopter récemment, dont Neo.

Nous voulions évidemment aller de l’avant avec le financement intégré et les services bancaires intégrés également. C’est là que nous avons pris de l’expansion. Nous avons déjà quelques programmes très intéressants dans ce cadre, comme des programmes gouvernementaux. Nous nous souvenons tous des feux de forêt qui ont frappé le Nord du Canada. Donc, la Banque EQ et d’autres banques semblables sont intervenues en partenariat avec le gouvernement. Les banques traditionnelles voulaient faire un chèque et l’envoyer par la poste. On sait tous que le processus est très long. Nous sommes intervenus. Nous avons travaillé de nouveau avec les entreprises de technologie financière. La dernière étape des paiements se faisait par l’entremise de cartes prépayées, qu’elles soient virtuelles ou physiques. Nous avons eu un autre cas d’utilisation intéressant. Nous avons établi un partenariat avec une petite entreprise de technologie financière d’un domaine particulier. Une partie de sa clientèle souhaitait effectuer des paiements multidevises, car elle comptait de nombreux fournisseurs répartis partout dans le monde. Le modèle bancaire traditionnel que cette clientèle utilisait était très coûteux. Chaque virement coûte entre 50 et 200 dollars, selon la devise et les différents types de majoration sur les opérations de change. Nous sommes intervenus de nouveau. C’était le genre de cas d’utilisation où la Banque EQ pouvait certainement intervenir. Comme nous l’avons dit, nous voulons faire les choses différemment, nous voulons avancer avec cet état d’esprit et ouvrir des portes.

Il reste encore des éléments infrastructurels à mettre en place, y compris le système bancaire ouvert, comme Tim l’a mentionné. Cette structure nous sera sans aucun doute utile. Dès que différents partenaires aborderont la question de la transférabilité des données, de nombreux cas d’utilisation intéressants pourront voir le jour. Quel est le lien avec le cadre de surveillance? Je pense qu’il est encore trop tôt pour en parler. De plus, nous avons clairement besoin d’un modèle de plateforme-service. Le cadre réglementaire est moins rigide, ce qui est vraiment bien. Paiements Canada propose une adhésion pour une participation directe. Cette souplesse et cette connexion directe avec les entreprises de technologie financière sont des signes très encourageants. En l’espace d’un an, la Banque du Canada a enregistré 1 800 fournisseurs de services de paiement dans le cadre de la LAPD. Ce sont d’excellents signes. On devra toutefois mettre à l’épreuve l’évolution de la LAPD. Une fois que tous ces éléments seront en place, les acteurs comme nous auront certainement beaucoup de place pour offrir ce service bancaire intégré. En fin de compte, nous devons tous veiller à ce que notre participation renforce la confiance et la gouvernance au sein de l’écosystème. Il ne faut pas qu’il y ait de mauvais acteurs dans l’écosystème parce qu’un mauvais acteur peut tout gâcher. C’est un aspect que les organismes de réglementation surveilleront certainement de très près.

Par le passé, les organismes de réglementation ne faisaient preuve d’aucune souplesse, car il y avait une peur de l’échec. Auparavant, les permis réglementaires prenaient beaucoup de temps, car on ne savait pas combien de temps serait nécessaire pour mettre fin aux activités d’un acteur malveillant et quelle était l’incidence sur le client final dont les fonds sont détenus par cette entité.

À mesure que l’écosystème fait preuve d’une souplesse accrue et que de nombreux éléments d’information émergent sur les différents marchés, les organismes de réglementation discutent activement avec leurs homologues des différents marchés. Les acteurs tels que VoPay et d’autres entreprises de technologie financière, qui exercent leurs activités dans différentes régions, fournissent de précieuses connaissances issues de ces marchés, ce qui renforce sans aucun doute l’ensemble du mécanisme de surveillance. Donc, pour en revenir à la Banque EQ, nous sommes très enthousiastes à l’égard des deux côtés de la médaille, dont le canal de vente directe aux consommateurs. Il est donc évident que notre banque a connu une hausse exponentielle relative à son portefeuille en raison de l’acquisition de PC Financial. Nous en parlerons davantage au cours des prochains mois.

Nous sommes très heureux parce que cette acquisition s’accompagne de nombreuses possibilités, comme les cartes de crédit, les prêts, l’automobile et les différents types d’assurance, sans oublier une plateforme de récompenses de fidélité. Comment pouvons-nous tirer parti de cette infrastructure pour le secteur plateforme-service? Nous nous intéressons évidemment à ce secteur parce qu’il offre beaucoup d’occasions exploitables.

Dina Vardouniotis:
Excellent. Tim, un autre fondateur de votre compagnie, Neo, apporte un regard extérieur sur les services financiers et vise à créer davantage d’options. Dans l’autre salle, nous avons entendu Alex, de l’équipe Neo, en parler en parallèle. Par exemple, la mise en œuvre du système bancaire ouvert et du système de paiement en temps réel, l’engagement envers ces initiatives, la capacité de se positionner en première ligne pour la suite et la préparation pour l’avenir. En tant que banque novatrice, comment voyez-vous les paris audacieux que vous faites?

Tim Morris:
Nous nous considérons comme une institution financière principale pour nos clients. Pour ce faire, nous devons connaître nos points forts et les mettre en avant. J’en parle parce que le partenariat est vraiment un thème clé qui, je l’espère, a retenu l’attention de tout le monde ici aujourd’hui. Par exemple, si vous êtes une institution traditionnelle, vous devez connaître vos forces fondamentales, comme les bilans et la gestion des dépôts du portefeuille de prêts. Si vous êtes une entreprise de technologie financière ou un fournisseur de services de paiement, vous avez probablement l’innovation et la technologie de pointe de votre côté. Donc, dans le contexte actuel, même s’il y a peut-être des restrictions, des portes s’ouvrent et les partenariats vous permettent d’évoluer rapidement et de tirer parti des forces des autres. On ne parle pas de perdants ou de gagnants. En fait, il faut trouver comment tirer profit de ces partenariats dans l’industrie pour atteindre votre objectif.

Notre compagnie a été créée grâce aux partenariats. Nos compétences technologiques étaient un avantage concurrentiel dans le secteur des cartes de crédit. Nous avons créé et lancé notre propre processeur. Si vous êtes dans le secteur des cartes, vous savez qu’il s’agit d’une affaire colossale. Par la suite, nous avons pu devenir un émetteur de cartes Mastercard, ce qui nous a permis d’établir un partenariat de marque commune. Ce partenariat nous a ensuite permis d’entrer en contact avec plus d’un million de Canadiens et d’accéder à des informations approfondies sur leurs paiements et leur profil de crédit. Nous avons donc pu joindre un public que la plupart des institutions traditionnelles ne veulent pas atteindre ou pour lequel elles ne veulent pas investir. C’est tout simplement trop difficile. Nous rejoignons donc ces clients. Nous sommes un canal de distribution auquel une banque ne peut pas accéder et ces clients ont fait des dépôts. Nous travaillons donc en partenariat avec les banques pour placer ces dépôts. Nous mettons l’accent sur nos forces. Nous travaillons en partenariat avec ceux qui sont bons dans ce qu’ils font. On crée nous-mêmes nos occasions. S’il y a quoi que ce soit à retenir, c’est que dans le secteur des technologies financières et des paiements, un partenariat peut vous permettre d’accéder à des canaux auxquels vous n’auriez pas accès autrement. Parlez à quelqu’un de Neo, parlez à n’importe qui ici, car je pense que cette occasion vous offrira une multitude de possibilités. Donc, c’est en quelque sorte la direction que nous prenons.

Dina Vardouniotis:
J’adore ça. C’est pourquoi le nom de mon entrprise est Payments and Partnerships. Notre slogan est donc la création de valeur par la collaboration. Rojin, j’aimerais que vous nous parliez du rôle important que vous jouez. Plusieurs représentants de différentes institutions financières sont présents, y compris des coopératives de crédit et des institutions qui ne font pas partie des grandes banques. Pouvez-vous parler du rôle des partenariats, de l’infrastructure ou des plateformes qui jouent un rôle de catalyseur? Comment dynamisez-vous ces organisations pour qu’elles se rendent sur le marché afin de joindre leurs clients et de leur offrir des solutions?

Rojin Nair:
Je vous écoutais parler et vous avez mentionné des aspects intéressants. Prenons l’infrastructure. On se souvient de l’époque des services partagés et des plateformes infonuagiques. Google doit sa renommée uniquement aux données, aux renseignements et aux connaissances. Regardons les banques du point de vue bancaire. Quand un montant de 2 500 $ passe du point A au point B, il faut que le transfert soit réglementé. Il ne peut pas y avoir de fraudes. Chaque action est une case à cocher. C’est fait. Mais là où les plateformes et les acteurs comme nous entrent en jeu, c’est lorsque nous avons un contexte au sujet de ces 2 500 $. Si un employeur verse 2 500 $ à un employé et que ce montant correspond à une hausse de 25 pour cent par rapport aux versements des cinq dernières années, soit l’employé a reçu une prime ou il y a eu une fraude. Vous me suivez?

Prenons maintenant un autre scénario. Puisque nous sommes connectés à des fournisseurs de services de paie, nous sommes aussi connectés avec des compagnies d’assurance et des sociétés de prêt. Nous relions toutes ces entités. Nous sommes au cœur du réseau. Prenons l’exemple d’un paiement hypothécaire de 2 500 $, soit un prélèvement préautorisé qui aura lieu demain. En tant que fournisseur d’intergiciel, je vois le compte de Rojin et je vois qu’il n’y a que 2 000 $. Peut-être que son fournisseur de services de paie ne l’a pas payé à temps ou qu’il n’a pas reçu un montant attendu. Peu importe. Demain, si je retire cet argent, Rojin n’aura pas assez de fonds. C’est donc mon travail, en tant que fournisseur d’intergiciel, de demander à l’application hypothécaire d’avertir Rojin afin d’éviter cette situation. Il s’agit du partage de données et du contexte dans l’intérêt d’un client. Nous avons donc parlé de responsabiliser les clients. C’est ce que des entreprises comme la nôtre font en tant que fournisseur d’intergiciel. Tout le monde en sort gagnant, y compris le client. C’est vraiment là que je vois une telle collaboration.

Tim a dit que tout le monde a besoin de partenariat. Les banques sont donc de la partie. Je n’aurais pas dit cela il y a cinq ans, mais elles jouent un rôle important dans cet écosystème. Par exemple, je peux dire à une banque que j’ai un client qui possède x milliards de dollars qui pourrait figurer dans son bilan. Parfait. Comment puis-je vous aider? On ne me dit plus de partir pour que la banque s’occupe seule de ce client. C’est devenu l’écosystème symbiotique dont j’ai parlé, où elles ne sont plus totalement séduites par le monopole. La LAPD et le système de paiement en temps réel aident vraiment à voir les sociétés numériques d’un œil favorable. Je connais Neo depuis ses débuts. Aucune des grandes banques n’aurait pu réaliser les progrès que Neo a faits en 20 ans. C’est la vitesse à laquelle l’entreprise progresse. Il y a donc une prise de conscience. Je crois que tout le monde en est venu à la conclusion qu’il est préférable de travailler ensemble dans le cadre d’un modèle de partenariat que de travailler selon une approche cloisonnée, car c’est ce que le reste du monde a fait. Personne ne s’en soucie vraiment. Prenons UPI et Pix du Brésil, 45 milliards de transactions. Ce n’est pas une banque ni un système de paiement. C’est le gouvernement qui l’a mis sur pied. La dernière fois que je suis allé en Inde, j’ai pris une carte de la State Bank of India. Je n’y suis pas retourné depuis 35 ans, alors je n’en avais pas. J’ai pris une carte, une carte de débit. Je me suis rendu à Dubaï et j’ai pris le métro. Le montant du billet a été prélevé de ma banque en Inde en temps réel. On se rend donc compte que les États-Unis sont un peu plus rapides que nous. L’approche cloisonnée ne fonctionne pas. Il faut que ce soit un partenariat. C’est mon mantra.

Dina Vardouniotis:
J’essaie toujours d’obtenir un compte de débit pour mon compte bancaire en Grèce. J’ai donc l’impression d’avoir échoué lamentablement. Quoi qu’il en soit, retournons sur le prépaiement. Shirley, vous avez élaboré une stratégie de financement intégré fondée sur les partenariats. Voulez-vous nous parler des perspectives et des possibilités que vous entrevoyez pour FreshBooks ou des entreprises comme FreshBooks, qui sont des entreprises de logiciel en tant que service, selon vos observations aux États-Unis? Je sais que la plupart de vos clients sont aux États-Unis. Comment envisagez-vous votre expansion?

Shirley Hsu:
Je dis que la plupart de nos clients sont aux États-Unis parce que c’était le marché le plus facile à percer. Nous n’avions pas l’infrastructure que nous commençons à construire aujourd’hui. Je suis extrêmement enthousiaste à propos des annonces qui ont été faites aujourd’hui par EQ et Neo, entre autres, parce que nous sommes sur la bonne voie. En fait, nous avançons plus vite que je ne le pensais, ce qui est excitant. Je n’ai rejoint FreshBooks qu’il y a environ trois ans, donc j’étais déjà dans le milieu. Être témoin de cette évolution est formidable. C’est passionnant de voir tous ces changements en trois ans. Hier, j’ai lu quelques chiffres. C’est une source légitime, je vous le promets. Il s’agit de la projection pour le financement intégré aux États-Unis qui prévoit un taux de croissance annuel composé de 26 pour cent d’ici 2030. Pour le Canada, la projection est d’environ 5 à 6 pour cent.

Nous pouvons changer cette perspective. D’ailleurs, je pense que la vitesse à laquelle nous en parlons maintenant est différente. Ça semble différent. Nous pouvons changer cette perspective. Nous pouvons atteindre 10 pour cent. Nous pouvons atteindre 20 pour cent. Il y a tellement de possibilités. En fin de compte, peut-être pas du point des consommateurs, mais celui des petites entreprises, on veut que les finances soient intégrées dans l’environnement quotidien.

Vous ne voulez pas ouvrir une session dans plusieurs systèmes et vous demander si vous avez les bons identifiants chaque fois. L’IA peut le faire pour vous maintenant. Mais quand même, on veut que les finances soient intégrées dans l’environnement quotidien. Je n’en veux pas dans mes courriels, ne vous méprenez pas, mais dans le cas d’une petite entreprise, en matière de facturation, c’est ce qu’elle veut.

Dina Vardouniotis:
Il y a donc un sentiment d’optimisme. Enfin, je pense que la plupart d’entre nous, qui sommes dans l’industrie depuis très longtemps, ressentent ce sentiment de changement et cet élan. Qu’est-ce qui vous rend optimiste lorsque vous regardez vers l’avenir, disons pour un an? De gauche à droite, dites-moi votre opinion en quelques mots.

Daljit Singh:
Nous en discuterons l’an prochain, mais, en ce qui concerne l’écosystème des paiements, nous avons reçu ces six derniers mois des messages très positifs et intéressants de la part du gouvernement. Comme Rojin l’a mentionné, l’innovation peut se produire si les organismes de réglementation font vraiment bouger les choses. Nous avons donc des tonnes et des tonnes d’exemples provenant d’autres marchés. Il y a les cryptomonnaies stables. On en parle souvent. Il y a aussi le mandat lié au système bancaire ouvert. Nous avons un engagement envers ce nouveau mandat chez les nouveaux partenaires et les nouvelles banques. La réduction du processus d’octroi de permis et tout le reste. J’espère donc que d’ici l’an prochain, nous verrons une évolution dans ces domaines parce que la concurrence est saine et qu’elle est nécessaire parce qu’elle stimule l’innovation. Nous avons traversé les deux dernières décennies sans aucune concurrence, et c’est pour cette raison qu’il n’y a pas eu d’innovation.

En y regardant de plus près, nous nous trouvons actuellement à un véritable tournant. De toute évidence, il y a une demande croissante. Auparavant, les gens étaient satisfaits d’avoir un seul compte bancaire. Toute leur vie, ils n’avaient qu’un seul compte bancaire. Aujourd’hui, selon les statistiques les plus récentes, le concept des services bancaires multiples est très répandu. De 40 à 50 pour cent des membres de la génération Y envisagent en fait un scénario de multiples services bancaires. Ce phénomène correspond bien à la tendance selon laquelle les gens recherchent les propositions de valeur différenciées. Ils ne se limitent plus à une seule banque pour tous les types de produits. Ils veulent magasiner. C’est là que l’innovation peut jouer un rôle. Nous espérons donc avoir un écosystème différent d’ici l’an prochain. Pour ce qui est des banques déguisées, on pourrait parler de beaucoup d’aspects intéressants.

Dina Vardouniotis:
Rojin, vous apportez un point de vue culturel. Vous voyez les différentes cultures du monde dans votre façon d’exercer vos activités. Y a-t-il un changement culturel au Canada?

Rojin Nair:
Oui, un changement culturel. Je pense que le changement sera motivé par ce qui se passe avec les tarifs et l’économie. Il y a environ trois millions de petites entreprises aujourd’hui. Une personne sur dix a une petite entreprise. Ces entreprises ont besoin de flux de trésorerie et de capitaux. Donc, si nous sommes 100 petites entreprises qui font affaire avec Walmart et les paiements sont bloqués depuis 5 jours ou qu’on doit attendre 60 jours en raison d’un système de facturation de bons de commande, il n’y a pas d’argent pour le roulement quotidien. C’est un problème fondamental. Nous constatons donc, et peut-être que vous le constatez vous aussi, que pour de nombreuses factures, les acheteurs proposent des options de paiement par carte et de transfert vers le portefeuille numérique. On intègre des liens de paiements instantanés dans les factures, sans oublier les remises et les perceptions transfrontalières. Il y a une adoption massive de ces solutions. Pourquoi? Parce qu’on a maintenant des liquidités qui rentrent en temps réel et qui retournent dans l’économie.

Je pense que les tarifs et la politique « Achetez canadien » sont le moteur d’une tendance. Cette tendance est très répandue dans les Prairies, quand on va dans les caisses de crédit, dans les cafés, on achète des produits locaux, on achète tout local. Mais cette économie a besoin de paiements plus rapides. Je pense donc que c’est ce qui va pousser le gouvernement à modifier sa stratégie en ce qui concerne l’économie. Je pense que cette situation aura une incidence sur les politiques. Cette tendance va s’accélérer au cours des prochaines années, car nous avons appris notre leçon : on ne dépendra plus de l’autre côté de la frontière.

Dina Vardouniotis:
C’était assez pénible en janvier de l’an dernier, n’est-ce pas? Tim, qu’en pensez-vous?

Tim Morris:
Je vois une industrie qui adopte une attitude offensive pour la première fois depuis longtemps et peut-être même pour la première fois depuis des décennies. Peut-être même pour la première fois de son histoire. C’est essentiel parce que le mode de survie défensif ne suffit plus. On survit, mais on s’efface. Ce mode a été mis de côté, du moins à très court terme. Nous voyons que les décideurs et les équipes chargées de la mise en application prennent des mesures concrètes et obtiennent des résultats. Les acteurs du secteur des services financiers qui en ont la volonté et la capacité en tirent parti et mettent en pratique ces mesures. C’est donc très encourageant. C’est ce que je vois de positif. C’est donc une attitude axée sur l’offensive.

Shirley Hsu:
J’adore le concept d’attitude axée sur l’offensive que vous venez de mentionner parce que c’est ce moment. Je veux que nous devenions super créatifs en saisissant cette occasion, que nous créions des partenariats uniques et que nous sortions des sentiers battus. Est-ce que ce sera un VoPay? Une EQ? Un Néo? Je ne veux pas que nous nous contentions de seulement créer la technologie ou de mettre sur pied des petites entreprises, ce qui nuirait à l’intégration des aspects financiers. Bien souvent, lorsqu’on intègre les finances, on fait appel aux services d’un sous-traitant, comme dans le cadre du premier modèle que j’ai décrit au début. Vous obtenez une part de revenus et une légère croissance, non pas nulle, mais très petite, et vous obtenez une part de revenus. Je veux donc que nous soyons vraiment créatifs en tant que Canadiens pour trouver ces partenariats qui nous permettront de saisir cette occasion et de faire avancer cette stratégie axée sur l’offensive.

Dina Vardouniotis:
Oui. On a entendu parler de la lutte contre la fraude comme une mesure de défense. Nous avons obtenu de bons résultats sur le plan défensif grâce à des mesures comme la lutte contre la fraude. Nous avons besoin d’un écosystème qui collaborera. Maintenant, nous devons faire la même chose du côté offensif pour stimuler l'innovation. Le même niveau de collaboration, le même niveau de souplesse et la même volonté de créer un Canada meilleur. Avec beaucoup de choix. Merci de vous être joint à cette séance. Merci aux experts. Des informations merveilleuses, une capacité incroyable à partager vos connaissances ainsi que la transparence de votre vision de notre marché. Merci.

Liz Dempsey:
Voilà qui conclut cet épisode de la série estivale du SOMMET!

Nous tenons à remercier les participants à notre table ronde, Shirley Hsu, Tim Morris, Rojin Nairr et Daljit Singh, ainsi que notre modératrice Dina Vardouniotis. Merci d’avoir pris le temps de nous faire part de vos réflexions.

Comme nous l’avons entendu, nous assistons à un changement dans l’écosystème des paiements où la création de valeur par la collaboration devient la nouvelle norme. En adoptant le financement intégré et en établissant des partenariats créatifs, l’industrie se dirige vers une ère inclusive qui place le client au cœur de son parcours financier.

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Nous mettrons à votre disposition d’autres conversations à mesure que nous continuons de présenter les faits saillants du SOMMET.

Je suis votre animatrice, Liz Dempsey. Merci d’avoir écouté The PayPod.

Ne manquez pas de vous joindre à nous la semaine prochaine pour un autre épisode de la série estivale du SOMMET!

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